
25.03.2026 • N° 580 • LA RECHERCHE ET SA POLITIQUE
Les raisons de la colère
Autographes. 2,1 millions : c’est plus ou moins — plutôt plus que moins pour être totalement honnête — le nombre de signatures qu’avait récoltées à l’été dernier la pétition contre la loi dite Duplomb. Un succès inédit.
1V1. Elle avait ainsi gagné le droit d’être débattue (sans vote) à l’Assemblée nationale le 11 février dernier. Un débat qui a opposé deux camps, se revendiquant l’un comme l’autre de la science et de la raison.
Amendements. Les discussions et oppositions autour de ce texte de loi sont au cœur de notre analyse de la semaine. Et nous avons également été dénicher les résultats électoraux des scientifiques impliquées dans les municipales que nous avions interviewées (à lire plus bas).

Bonne lecture,
— Noémie de TheMetaNews
Sommaire
→ ANALYSE Duplomb, le cas d’école
→ EXPRESS Retour sur les municipales
→ REPÈRES Libertés académiques en recul
→ LA VIE DE L’ESR Concours à tour de bras
→ EXPRESS Votre revue de presse
→ ET POUR FINIR Javel dire à tout le monde
| TEMPS DE LECTURE : 6 ou 12 MINUTES |
℗ Contenu réservé à nos abonné·es
ANALYSE
Duplomb, le cas d’école
La loi Duplomb a attisé la polémique avec en son cœur le rapport à la science des principaux belligérants.

↳ « Une aberration scientifique ». C’est en ces mots que la pétition contre la loi dite Duplomb avait décrit le texte dont elle réclamait l’abrogation immédiate. En à peine quelques jours, plus de 2,1 millions de signatures avaient été recueillies sur le site de l’Assemblée Nationale. Un record (…)
REPÈRES
Un chiffre
50
C’est le nombre de pays dans lequel l’indice de liberté académique a chuté en dix ans sur les 179 pays recensés, selon le rapport 2026 l’Academic Freedom Index publié le 17 mars dernier. Seuls neuf pays voient cet indice augmenter. La France est exclue de ces deux groupes. Cet indice longitudinal, mis en place depuis 2017 par une équipe germano-suédoise, repose sur le suivi de 2 357 chercheurs du monde entier. Le rapport souligne également le rôle central de l’« autonomie institutionnelle » dans la protection de la liberté académique et note une baisse importante de cet indicateur au sein (notamment) des démocraties •
EXPRESS
Pendant ce temps-là dans la recherche
→ Des nouvelles des mairies. Nous vous avions décrit les parcours de collègues candidats aux élections municipales (relire leurs témoignages). Le second tour étant passé, nous avons maintenant toutes les infos sur leur devenir politique. Louis D’Eramo (CNRS, Les Écologistes) tout d’abord ne sera pas élu conseiller municipal puisque « le candidat de la droite a remporté la ville de Clermont-Ferrand à gauche depuis un siècle », regrette-t-il. Du côté de Thorigné-Fouillard, (Ille-et-Vilaine), Benoît Claudon (Université de Rennes) a été élu maire divers gauche avec 50,8% des voix, « un écart de 68 voix sur environ 4000 suffrages exprimés », nous témoigne-t-il. À Mérignac (Gironde), Alessandro Di Somma, doctorant en sciences politiques, a été élu conseiller municipal dès le premier tour le 15 mars dernier. L’épidémiologiste Inserm Tasnime Akbaraly a été reconduite sur la liste victorieuse de Michaël Delafosse à Montpellier. La mathématicienne Anne Boyé, tête de liste à La Baule-Escoubiac (Loire-Atlantique), décroche de justesse une place au conseil municipal. À Lyon, la victoire de la liste de L’Union de la gauche et des écologistes de Grégory Doucet permet la réélection de la sociologue Yasmine Bouagga, qui était maire du 1er arrondissement. Le très très bon score (91,5% !) au premier tour de la liste de Clovis Cassan aux Ulis (Essonne) permet la reconduction d’Emmanuelle Bourneuf (CEA) au conseil municipal. Toujours dans l’Essonne, Anaïs Pitto-Barry (CNRS) n’a en revanche pas décroché le Sésame à Palaiseau. Enfin, la contre-performance de Violette Spillebout à Lille ne permet pas au médecin et professeur à l’Université de Lille Philippe Froguel de décrocher une place au conseil municipal •
→ Infos en passant… La cérémonie de remise du prix Irène-Joliot Curie 2025 avait lieu le 18 mars dernier à l’occasion de laquelle six femmes ont été récompensées pour leurs travaux dont Valentina Emiliani avec le prix « Femme scientifique de l’année » • Alors que ce jeudi 26 mars de nombreux acteurs de l’ESR seront réunis lors d’une séance plénière organisée dans le cadre des Assises du financement des universités, une intersyndicale appelle à la mobilisation pour défendre le budget des universités, les conditions de travail et d’études ainsi que la liberté académique. Le mouvement Stand up for Science s’associe également à la mobilisation •
EXPRESS
C’est la vie de l’ESR
→ Au JO cette semaine. Le nombre de postes offerts à certains concours externes de recrutement à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) sont fixés : celui d’assistants ingénieurs (43), d’adjoints techniques principaux de deuxième classe (5), d’ingénieurs d’études de classe normale (50), d’ingénieurs de recherche (21) et de techniciens de la recherche de classe normale (72) • À l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), on signale l’ouverture de concours externes pour le recrutement d’assistants ingénieurs, celui d’ingénieurs d’études de classe normale, celui d’ingénieurs de recherche de 2e classe et celui de techniciens de la recherche de classe normale • Enfin, l’ouverture des concours externes pour le recrutement de directeurs de recherche de deuxième classe à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) est également autorisée •
→ Ils réimpriment leur carte de visite. Sont nommés membres de la commission d’examen des candidatures à la présidence du CNRS : Anne-Isabelle Etienvre comme présidente, Thierry Coulhon, Jean-François Huchet, Bana Jabri, Patrick Maestro et Claire Mathieu. Selon des sources internes, sept candidatures sont aujourd’hui à départager, dont celles déjà connues Thierry Dauxois, Pierre-Paul Zalio et Vincent Berger • Nicolas Sennequier est nommé directeur de l’École nationale supérieure de chimie de Paris • Hector Flores, astronome à l’Observatoire de Paris, est nommé au Conseil national des astronomes et physiciens en remplacement de Karim Benabed • Nathalie Lagarde est nommée membre d’une commission interdisciplinaire du Comité nationale de la recherche scientifique (CoNRS), en remplacement de Laura Cantini •
EXPRESS
Votre revue de presse
→ Piqûre de rappel. Le 16 mars dernier, un juge fédéral du Massachusetts a suspendu les changements apportés à la politique vaccinale étatsunienne par Robert Kennedy Jr, secrétaire à la santé de Donald Trump et vaccino-sceptique notoire, explique le New York Times. La décision fait suite à une plainte déposée en juillet 2025 par des associations de soignants du pays.
→ Clair obscur. Alors que Robert Kennedy Jr tente de revenir sur des acquis vaccinaux aux États-Unis, le ministère de la santé chinois a annoncé sa volonté de soumettre les pratiques de médecine traditionnelle à une évaluation via des méthodes scientifiques standards pour déterminer leur efficacité et leur sécurité, explique Science. Le journaliste Sylvestre Huet revient sur le contraste entre les politiques scientifiques des deux pays ↯ dans Le Monde.
→ Fakemed. La faculté de médecine de l’université de Clermont-Ferrand accueillait les 20 et 21 mars derniers le Congrès de santé intégrative dont le programme — naturopathie, sophrologie, fasciathérapie, réflexologie et autres — étonne tout autant que le parrain ↯ (Yannick Noah) — rapporte L’Express. Cet événement regroupant un large panel de pseudo-médecines dont l’établissement « garantit la rigueur scientifique » renvoie directement au rapport sur les dangers des fausses informations médicales rendu il y a peu et dont nous vous parlions.
→ Retour vers le futur. À l’occasion des 40 ans de la Cité des sciences et de l’industrie, Sylvie Retailleau, votre ancienne ministre et nouvelle présidente d’Universcience, revient sur les défis majeurs qui attendent l’établissement dans les années à venir ↯ dans une interview aux Échos. Nous l’avions également interviewé il y a quelques semaines.
→ Tollé breton. Le président de l’Université de Bretagne occidentale (UBO), Pascal Olivard, est au cœur d‘une polémique après avoir dénoncé un accord « contre nature » entre les listes socialiste et insoumise à Brest pour le second tour des municipales, rapporte France Info. Plus de 300 chercheurs et étudiants ont signé une pétition pour dénoncer cette prise de position.
Liens menant à des articles derrière un paywall : ↯
JAVEL LE DIRE À TOUT LE MONDE
Et pour finir…
Arrêtez tout, on a enfin compris pourquoi Donald Trump avait conseillé de s’injecter de la Javel contre la Covid.