
03.04.2026 • N° 583 • LA RECHERCHE ET SA PRATIQUE
Wikimédia Oddity
Ground control. Cela devait arriver un jour : des IA se tapent l’incrust’ sur Wikipédia, tentant d’en modifier le contenu. Levée de bouclier de la communauté qui a rapidement bloqué le bot. Preuve qu’on ne fait pas n’importe quoi sur Wikipédia.
To Major Tom. Le créateur de la dite IA, un entrepreneur états-unien, trouve la réaction disproportionnée et le bot nommé Tom s’en est plaint lui-même sur son blog (voir notre revue de presse). Une histoire digne d’un scénario de science-fiction.
Planet Earth is blue. Soufflant ses 25 bougies, Wikipédia entretient depuis toujours un rapport étroit avec la science et les chercheur·ses. En partenariat avec l’Eprist (l’association des responsables de l’information scientifique et technique des organismes de recherche français publics ou d’utilité publique), nous analysons cette semaine les nombreux défis auxquels Wikipédia est confronté.

Bonne lecture,
— Lucile de TheMetaNews
Sommaire
→ ANALYSE Wikipédia, envers et contre tout
→ OUTIL Où publier votre prochain papier ?
→ INFOS EN PASSANT Une plateforme européenne pour vos publis
→ CHIFFRE De l’humour dans les talks
→ ÇA VOUS A FAIT RÉAGIR Alice Meunier est convaincue
→ EXPRESS Votre revue de presse
→ ET POUR FINIR Piezodance
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ANALYSE
Wikipédia, envers et contre tout
Accusée de partialité et concurrencée par l’IA, l’incontournable encyclopédie en ligne souffle ses vingt-cinq bougies. La communauté wikimédienne, dont une partie de scientifiques, reste mobilisée.

↳Lors de sa création au tout début des années 2000, Wikipédia ne devait être qu’une « ébauche » pour alimenter l’une des premières encyclopédies en ligne nommée Nupedia. Le rédacteur en chef de cette dernière Larry Sanger avait proposé au fondateur Jimmy Wales un concept alors émergent dans le monde de l’internet : le wiki. (…)
OUTIL
Où publier votre prochain papier ?
La revue de vos rêves. Vous vous demandez où publier votre prochain article en sciences de la vie ? Where to Publish? est une base de données où vous pouvez chercher parmi toutes les revues de la discipline celle de vos rêves, en précisant vos critères : éditeurs à but lucratif ou non, open access gratuit ou payant… Vous pouvez même définir une fenêtre pour les frais de publication. Un outil développé par des jeunes chercheurs pour mettre en avant les revues vertueuses, inspiré d’une initiative similaire en écologie et évolution. Si vous connaissez un équivalent dans d’autres disciplines, écrivez-nous !
EXPRESS
Pendant ce temps dans les labos
● L’union fait la science. Lancée par la Commission européenne en 2021, la plateforme Open Research Europe (ORE) sera hébergée par le Cern à partir de l’automne 2026 pour proposer à la fin de l’année « un modèle de publication d’article scientifique incluant des étapes de relecture ouverte et de curation », informe le CNRS. Une sorte de PCI – nous vous en parlions – européen ?
● Les riches heures de l’open. Inrae publie son premier suivi de l’open access avec un taux d’ouverture d’environ 80%, supérieur à la moyenne nationale autour de 60%. L’organisme est également premier sur les dépenses concernant les frais de publication – APC en anglais – avec presque un million d’euros en 2023, bien devant le CNRS.
● Problème réglé ? Une étude réalisée par des économistes compare l’impact de la parentalité sur les carrières. Les résultats sont sans appel : les femmes publient moins et ont moins de chance que les hommes de décrocher un emploi plusieurs années après avoir eu un enfant. Nature en parle également ↯.
● Écolo, jamais trop. Le colloque Enseigner les enjeux socio-écologiques dans le Supérieur se tiendra du 6 au 10 juillet 2026 à Montpellier. L’appel à contributions est ouvert jusqu’au 27 avril et les inscriptions jusqu’au 31 mai. D’ici là vous pouvez relire notre interview de Guillaume Blanc sur le sujet.
Mais aussi… Quelles recherches et quels imaginaires pour d’autres futurs ? L’Institut Pasteur organise les 10 et 11 avril un événement mêlant science et science-fiction : ReCombinaisons ● Le Printemps de la donnée est ouvert, avec des événements prévus jusqu’au 25 juin ● L’Observatoire des ingénieurs et scientifiques de France lance une enquête avec une partie dédiée aux docteurs. Rendez‑vous en octobre pour les résultats ●
CHIFFRE
6 sur 10
Des tentatives d’humour ont été repérées dans près de 60% des talks, révèle une étude publiée dans Proceedings of the Royal society B : Biological Sciences. Des blagues concentrées au début et à la fin des présentations dont les deux tiers obtiennent des gloussements polis et moins d’une sur dix fait franchement rire l’assemblée. Les hommes tentent plus la carte de l’humour et les anglais natifs ont 10% plus de chance de faire rire. L’humour reste un privilège, concluent les auteurs. Science a interviewé l’un d’entre eux.
ÇA VOUS A FAIT RÉAGIR

« J’ai transmis votre article sur l’initiative -10% dans mon institut et certains collègues semblent déjà intéressés. Les chercheurs à l’initiative sont très convaincants. Pour ma part je ne pense pas y participer car je réfléchis à changer de sujet pour m’orienter vers une production de savoirs plus ancrée dans la société. En effet, en enseignant les biotechnologies, j’ai réalisé à quel point nos recherches étaient captées par des entreprises avec des intérêts avant tout financiers – et non l’amélioration de la santé. [Alice Meunier a d’ailleurs publié avec deux collègues une tribune dans Le Monde à ce sujet ↯, NDLR] »
Alice Meunier, chercheuse CNRS à l’Institut de Biologie de l’École Normale Supérieure, réagit à notre analyse sur les chercheurs qui veulent diminuer leur budget achat et ainsi leur empreinte environnementale
EXPRESS
Votre revue de presse
→ Frontière. Le chercheur indépendant sur la « néofascisation » Mathieu Rigouste, s’est vu refuser l’entrée sur le sol états-unien malgré une invitation universitaire. Le média en ligne ActuaLitté revient sur le durcissement sécuritaire de nombreux États.
→ Censure. Un durcissement que Gabriela, chercheuse mexicano-américaine en diversité linguistique, craint à tel point qu’elle a décidé de s’installer en France, après avoir vu ses financements coupés. Challenges raconte son parcours.
→ Exception. Être en situation de handicap et faire une thèse ? Tom Bry-Chevalier, doctorant en économie de l’environnement, voit son portrait dressé par Le Monde ↯. Un Ovni dans le monde du handicap, sans parler de son engagement politique pour la cause animale.
→ Dindon. À l’occasion du 1er avril, l’émission La science CQFD sur France Culture revient sur les canulars scientifiques, ces fausses publications produites par de vrais scientifiques pour montrer les limites d’un système qui pousse à la publication coûte que coûte. Avec notamment l’informaticien Cyril Labbé que nous avions interviewé.
→ Blouse blanche. Deux ans après sa création, AI scientist, une IA supposée capable de mener des recherches de bout en bout, a vu son premier papier accepté dans une conférence ↯, après être passé au travers des filtres anti-IA, rapporte Nature.
Major Tom. IA toujours, on vous en parlait en intro : un bot nommé Tom s’est fait bloquer sur Wikipédia et a rageusement écrit des billets sur son blog à ce sujet ↯, rapporte 404 Media (avec une traduction en français sur cet autre blog).
↯ : liens menant à des articles protégés par un paywall