| Où en est la mobilisation ? Sauvons la recherche (SLR), Science en marche ou RogueESR : la recherche a toujours su nourrir la contestation quand elle était nécessaire. A l’aube d’une loi de programmation de la recherche (LPPR) et au lendemain de l’annonce d’un budget 2020 pour la recherche qui suit à peine le niveau de l’inflation, qu’en est-il ? Alain Trautmann, figure de la mobilisation SLR en 2004, doute de la volonté des chercheurs de battre le pavé, à l’aune des propositions des trois rapports préfigurant la LPPR, dont nous vous parlions : « Si l’on veut renforcer l’individualisme, la servilité et la compétition de tous contre tous et détruire les possibilités de coopération et de solidarité, il faut en effet multiplier les primes [pour certains chercheurs, NDLR] ». Pour Patrick Lemaire, à l’origine du mouvement Science en marche de 2015, « d’autres formes d’action sont nécessaires. Le lobbying en fait partie car d’autres groupes de pression savent beaucoup mieux se faire entendre. Ainsi le Medef a obtenu le maintien du Crédit impôt recherche, malgré son inefficacité ». Ce dernier veut tout de même voir dans la remise des trois rapports un premier pas, sous forme de constat partagé, avec le gouvernement. Reste à en tirer des conclusions qui soient, elles aussi, partagées. |
Des retraits de thèse au compte-gouttes
Si le cas d’Étienne Klein a récemment défrayé la chronique, une évidence s’impose : les retraits de thèse sont une chose extraordinaire en France. Sur les 15 000 diplômes de doctorat délivrés chaque année, le nombre d’annulation se compte sur les doigts d’une main : «...