Faut-il céder au chant de Twitter ?

— Le 5 mars 2021

Réponse : vous pouvez y aller
(ici Kirk Douglas dans Ulysse).
Parler de science entre scientifiques sur Twitter, c’est possible et cela peut vous apporter beaucoup. On résume.

Un mal nécessaire. Twitter est-il un « caniveau de la pensée » ? Une perte de temps ? Alors, oui, le réseau social peut être le lieu de violences (coucou Donald Trump), de harcèlement ou de reproduction des dominations. Mais on ne peut nier ce qu’il offre aux chercheurs, affirment les auteurs d’un billet publié sur le carnet Acquis de conscience.

La preuve par l’image. Et cela répond à un besoin réel. Pour le mettre en évidence, les deux historiens Caroline Muller et Frédéric Clavert ont organisé une consultation à propos des apports de Twitter… sur Twitter, bien sûr ! Les résultats sont consultables sous forme d’une belle datavisualisation. Trois grands types d’usage du réseau social ressortent : 

Une aide technique  En y posant une question, les chercheurs trouvent des conseils pertinents. Par exemple, il est possible de dénicher des outils de rédaction (Markdown, Zotero…) adaptés. 
Un soutien  Doutes sur un choix de carrière, gestion de conflit entre collègues… La communauté peut aussi faire montre de solidarité et vous mettre en contact avec des mentors. 
De la veille  Twitter permet la découverte d’activités de recherche insoupçonnées. De quoi ouvrir son champ de vision et pourquoi pas lier de nouvelles collaborations. 
Conversations « 2.0 »

Les échanges sur Twitter sont souvent tranchants, directs, horizontaux, ce qui peut s’avérer déstabilisant, voire inconfortable. Bien loin de la traditionnelle « question en forme de remarque » en fin de conférence dans le « calme feutré qui règne devant les buffets de petit-déjeuner des congrès ». Et pourtant, la conversation scientifique, cet « échange fructueux d’idées, de ressources, de compétences », est possible sur Twitter, même si l’anonymat permis par le réseau la complique parfois.

À lire aussi dans TheMetaNews

La réplication est un sport de combat

« Dans un contexte où publier beaucoup et vite est devenu une norme, la question de la réplication est malheureusement négligée par beaucoup d'équipes de recherche ». Ce constat, c’est Cécilia Ménard-Moyon, directrice de recherche au CNRS spécialisée dans les...

La Chine, l’autre pays de la publi

Octobre 2025 : alors que les chercheurs de Leiden publient leur classement mondial des universités, la communauté internationale encaisse le choc. Historiquement première de ce classement basé sur le nombre de publications et leurs citations, Harvard n’est cette année...

Quand la suprématie chinoise redessine la science

De l’IA à la médecine, en passant par la quantique ou le spatial, la Chine se bat aujourd’hui pour la première place mondiale en science. Dans le même temps, l'administration Trump mène une guerre ouverte contre les plus prestigieuses universités des États-Unis qu’il...