La rentrée va-t-elle rouler en hybride ?

— Le 5 juin 2020

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L’introduction d’une part de « distanciel » dans les enseignements en septembre prochain ne fait pas l’unanimité.

Hybrider les formations, c’est le mot d’ordre. Dans le contexte actuel, vous vous doutez bien qu’il s’agit de mener en parallèle des activités pédagogiques en présentiel et à distance. Mais en quelle proportion ? Alors que la ministre de la Recherche Frédérique Vidal tweetait hier qu’« une partie ou toute la rentrée se fera en présentiel », la fiche n°10 du Plan de continuité pédagogique, mise à jour le 27 mai, préconise de passer en distanciel autant que possible, avec des cours magistraux à distance et des TD/TP éventuellement en présentiel. Le ministère ne prévoit pas de réduction des heures de service. Pas d’augmentation non plus…

Qu’en pensent les principaux concernés ? Lors de l’émission Mediapart live du 28 mai, la présidente de l’Unef demande « pas 80% distanciel et 20% en présentiel, mais le contraire ». Marie Sonnette, enseignante-chercheuse et tête de pont de la mobilisation anti-loi recherche, rappelle les aspects anti-pédagogiques de l’enseignement à distance, déjà dénoncés dans la tribune du 18 mai. Leur solution ? Réduire le nombre d’étudiants par groupe de TD et recruter des enseignants. Ca tombe bien, il y a plein de vacataires dans l’armée de réserve de l’ESR.

Dans les universités, c’est le branle-bas de combat. Les UFR ont mis en place des groupe de réflexion pour trouver des solutions dans le cas extrême où tout devrait se faire à distance. « On doit être prêt à faire face à un nouveau confinement », témoigne Maria Luisa Della Rocca, responsable d’un master de physique à l’Université de Paris. Les enseignants sont consultés sur les modalités d’enseignement à distance pour l’an prochain. Pour ceux qui s’y refusent – « une fois qu’on a mis le pied dedans… » – c’est le dilemme : renoncer à ses principes ou renoncer à ses cours.
Où sont passés les vacataires ?
Les vacataires sont complètement passés à la trappe dans le nouvel état de l’éducation supérieur et de la recherche. Celui-ci présente en effet le nombre d’enseignants non-permanents en 2018-2019 – 23 725 soit 26 % des enseignants. Mais ce chiffre couvre les personnes déjà sous contrat (doctorants contractuels, ATER…) et non les vacataires – payés en fin de semestre. Les chiffres sont durs à obtenir mais selon une note de juin 2019, on peut estimer qu’ils étaient 125 000 en 2017-2018. Chiffre à noter, un vacataire sur cinq enseignait plus de 96h/an. Pas négligeable.

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