Les défis de la France à l’ERC

— Le 23 juin 2021

La « Ligue des champions » de la science
Ces bourses d’excellence européenne sont devenues un enjeu stratégique.

Pour un kopeck de plus. A son grand dam, le président de l’ERC Jean-Pierre Bourguignon n’a pas réussi à négocier une rallonge budgétaire significative. Néanmoins avec 16 milliards d’euros sur sept ans (sans compter les contributions des pays hors UE), l’influence de ce bastion de la science excellente (comme elle se définit elle-même) ne faiblit pas. Pour reprendre les mots du commissaire européen à la recherche Janez Potocnik à l’époque de sa création en 2007 :« Je vois l’ERC comme une sorte de Ligue des champions du savoir »

Top of the pop. Quatorze ans et deux plans d’investissement plus tard, le pari semble remporté pour l’ERC, où les chercheurs se bousculent (+24% sur les starting grant cette année). Tous les établissements français, pour des raisons à la fois financière et de prestige, veulent que leurs chercheurs y soient bien représentés et communiquent larga manu sur leurs succès.

Course à l’échalote. C’est mathématiquement le CNRS qui tire son épingle du jeu en termes de nombre de lauréats ERC (633 l’année dernière), avec une mention spéciale pour l’Inria, en proportion de ses effectifs. Les universités arrivant derrière. L’Inria a même mis sur pied des postes conditionnés à l’obtention d’une grant ERC (dont les sélections sont en cours) malgré l’opposition des syndicats.

Milieu de peloton. Même si des pays comme la Hollande « surperforment » à l’ERC, quand on rapporte les résultats à leur taille, la France y tient son rang avec des taux de succès de 15% environ et se place dans la bonne moyenne européenne. Le vrai retard français se situe du côté des sciences humaines : 180 projets déposés en 2020, trois fois moins que le Royaume-Uni. 

Starting block.  Le calendrier des ERC pour la saison 2021/2022 est bien sûr déjà fixé et est le suivant ( Date d’ouverture | Budget total) :
– Starting grant   23/09/21 | 757 millions d’euros 
Consolidator grant   19/10/2021 | 784 millions d’euros 
Advanced grant   20/01/22 | 561 millions d’euros 
Synergy grant 15/07/21 | 300 millions d’euros
Le ministère a un PAPFE

L’amélioration des résultats de la France aux appels d’offres européens passe par cet acronyme un peu barbare, initié par le ministère de la Recherche auprès des établissements. Frédérique Vidal insistait notamment il y a quelque semaines sur « la complexité administrative des dossiers ERC » dont la partie non scientifique devrait être « remplie par quelqu’un d’autre que le porteur de projets ». Le système, incitatif auprès des établissements, prévoit en outre des intéressements pour les chercheurs que ce soit en grade ou par des indemnités.

À lire aussi dans TheMetaNews

La Chine, l’autre pays de la publi

Octobre 2025 : alors que les chercheurs de Leiden publient leur classement mondial des universités, la communauté internationale encaisse le choc. Historiquement première de ce classement basé sur le nombre de publications et leurs citations, Harvard n’est cette année...

Quand la suprématie chinoise redessine la science

De l’IA à la médecine, en passant par la quantique ou le spatial, la Chine se bat aujourd’hui pour la première place mondiale en science. Dans le même temps, l'administration Trump mène une guerre ouverte contre les plus prestigieuses universités des États-Unis qu’il...

Mistral gagnant pour la recherche

Bientôt des Emmy Awards au CNRS ? Quelques jours après la publication de notre article, le 3 février 2026, le CNRS communiquait sur son site avec une interview de François Pouget, directeur général délégué aux ressources. Bilan de ce premier mois d’utilisation : près...