Les dés sont (re)lancés au Haut Conseil

— Le 17 juin 2020

Il ne peut en rester qu’un
Ou comment la présidence du Hcéres est devenu un enjeu politique.

Un premier tour de chauffe. Le siège du président du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres) est vacant depuis fin octobre. Ce n’est pas faute de volontaires : outre la candidature collective lancée par RogueESR (finalement rejetée en février dernier), trois personnalités sont montées au créneau : d’abord Thierry Coulhon, conseiller élyséen à la recherche, Catherine Dargemont et Véronique Chanut.

Le ministère relance la procédure. Ce qui ne devait être qu’une simple nomination par décret (comme pour Michel Cosnard) est devenu un processus politique, ralenti par le Covid et le fait que le candidat « naturel » Thierry Coulhon a été à la fois juge et partie dans ce processus de nomination, comme le pointe (sans le condamner) le conseil de déontologie qui a rendu ses conclusions il y a trois jours. Le n-ième épisode d’une saga à rebondissements.

L’évaluation voulait un « big bang »… Lors de son intervention aux 80 ans du CNRS, Emmanuel Macron avait pointé les lacunes de l’évaluation à la française, un système « mou, sans conséquences réelles ». Mais la transformation du Hcéres en Autorité publique indépendante, dôtée d’une personnalité morale et d’une responsabilité juridique, un temps évoquée, n’est pas dans le projet de loi Recherche publié il y a quelques jours

.… mais prépare un « small bang ». Le texte, encore en discussion, ne prévoit en effet que de simplifier la procédure, renforcer la crédibilité ou conforter l’utilité de l’évaluation et avère le « peu d’effets » qu’elle a sur la recherche mais ne modifie qu’à la marge les missions du Hcéres. Retour à la case départ ?

À lire aussi dans TheMetaNews

Acheter moins pour chercher mieux ?

Demander un financement sur cinq ans à l’Agence nationale de la recherche (ANR) qui diminuerait de 10% chaque année, du moins pour la partie achat ? Une poignée de chercheurs, issus de sciences expérimentales comme la physique ou la biologie, construisent cette...

Duplomb, le cas d’école

« Une aberration scientifique ». C’est en ces mots que la pétition contre la loi dite Duplomb avait décrit le texte dont elle réclamait l’abrogation immédiate. En à peine quelques jours, plus de 2,1 millions de signatures avaient été recueillies sur le site de...

Les scientifiques sont-ils tous de gauche ?

La recherche académique est-elle de gauche ou de droite ? La question n’est pas nouvelle et la réponse, au-delà des clichés, est moins évidente qu’elle n’en a l’air. Sujet de « niche » pour les politologues, la communauté scientifique n’est pas non plus la cible des...