Les deux visages de la « télé-recherche »

— Le 10 avril 2020
Les premiers témoignages de l’enquête #ParlonsRecherche sont éloquents : certains tirent parti de l’isolement… d’autres en souffrent.

D’un côté, il y a ceux pour qui le travail à la maison représente moins de stress et plus de liberté, comme en témoigne cette doctorante en archéologie : « Cela me permet de me couper du stress quotidien et de me concentrer sur mes travaux de recherche au calme ». Ainsi, c’est l’opportunité de travailler sur des projets parfois laissés de côté : « Le confinement me permet de finaliser l’écriture d’un article que je n’avais toujours pas fini et qui date d’une ancienne expérience postdoctorale », confie une postdoctorante en biologie.

Tempêtes sous des crânes
De l’autre côté se trouvent ceux pour qui le confinement pose beaucoup plus de problèmes : « La pression est forte, je n’arrive plus à me concentrer, impossible d’écrire ou de lire depuis trois semaines », raconte cette doctorante en économie. Stressés, ils souffrent d’une pression sourde qui s’assimile à une injonction à produire. En effet, ce doctorant en deuxième année de didactique des mathématiques écrit : « J’ai l’impression d’avoir plus de pression sur le fait d’avancer plus vu que je n’ai « rien d’autre à faire » et je culpabilise de ne pas vraiment y arriver. » Ce n’est pas forcément entre quatre murs qu’on réfléchit le mieux.

À lire aussi dans TheMetaNews

Tout le monde se lèvera-t-il pour les Assises ?

« Nous préférons quitter la salle et ne pas nous joindre à ce qui nous apparaît comme un semblant de concertation ». Le geste était symbolique et calculé : le 26 mars dernier, alors que la première session plénière des Assises sur le financement des universités se...

Acheter moins pour chercher mieux ?

Demander un financement sur cinq ans à l’Agence nationale de la recherche (ANR) qui diminuerait de 10% chaque année, du moins pour la partie achat ? Une poignée de chercheurs, issus de sciences expérimentales comme la physique ou la biologie, construisent cette...

Duplomb, le cas d’école

« Une aberration scientifique ». C’est en ces mots que la pétition contre la loi dite Duplomb avait décrit le texte dont elle réclamait l’abrogation immédiate. En à peine quelques jours, plus de 2,1 millions de signatures avaient été recueillies sur le site de...