On rembobine la Loi Recherche

— Le 12 février 2020
Un an après sa première évocation, faisons le point sur cette Arlésienne qu’est devenue la LPPR. 

Au village, sans prétention, elle a mauvaise réputation. 

La loi de programmation pluriannuelle de la recherche fait en effet presque l’unanimité contre elle, sans que le texte de loi ne soit officiellement connu. Après moult reports, il devrait l’être fin mars début avril pour un passage à l’Assemblée et au Sénat avant l’été, comme l’a assuré la ministre de la Recherche devant les directeurs d’unité du CNRS le 06 février, malgré un calendrier parlementaire surchargé. De très nombreuses préversions de la loi circulent, attisant les craintes. Si rien n’est avéré aujourd’hui, certaines mesures y seront à coup sûr :
– Des « tenure track » à la française, appelées chaires de professeur junior;
– Le CDI de mission scientifique ou « CDI de chantier » pour les intimes (déjà en place dans certains instituts) ;
– Une réforme de l’évaluation des équipes et des laboratoires (attention au retour des notes) par le Hceres ;
– Des taux de succès aux appels d’offre de l’Agence nationale de la recherche portés à au moins 20% grâce à un financement ad hoc ;
- Un assouplissement (d’aucuns diraient une dérégulation) du cumul d’activité pour les chercheurs ;
– Une revalorisation des chercheurs et enseignants chercheurs en 2021 à hauteur de 92 millions d’euros, même si de nombreuses questions persistent.

En toile de fond la promesse, jamais tenue depuis vingt ans, que la France consacre 3% de son PIB à la recherche, dont 1% à la recherche publique à l’issue des sept ans de cette loi de programmation. Sept ans, sept saisons de la série LPPR ? Rien n’interdirait de la déprogrammer dans l’intervalle.

À lire aussi dans TheMetaNews

Marthe, Matilda, Jérôme et tous les autres

Acte I, Scène I. C’est une annonce dont le théâtre de la Reine Blanche et sa directrice Élisabeth Bouchaud se seraient bien passés. Les cinq descendants du médecin français Jérôme Lejeune ont décidé de les traduire devant la justice pour diffamation, estimant que...

« Je pouvais crier, hurler, rien ne se passait »

Combien de femmes scientifiques déclarent avoir subi du harcèlement sexuel au cour de leur carrière ? Près d’une sur deux selon une étude internationale sur l’égalité femmes-hommes en science de la Fondation L’Oréal conduite auprès de 5 200 collègues à travers le...

Des retraits de thèse au compte-gouttes

Si le cas d’Étienne Klein a récemment défrayé la chronique, une évidence s’impose : les retraits de thèse sont une chose extraordinaire en France. Sur les 15 000 diplômes de doctorat délivrés chaque année, le nombre d’annulation se compte sur les doigts d’une main : «...