Physiciens et immunologiste, même combat

— Le 18 décembre 2020

Aleksandra à gauche, Thierry à droite
Certains outils de physique s’avèrent cruciaux pour analyser les données médicales. Mais on ne s’improvise pas immunologue du jour au lendemain. 

Pourquoi deux physiciens attendent avec impatience les données de séquençage provenant de patients atteints de la Covid ? Réponse : pour tenter de comprendre l’hétérogénéité des réponses immunitaires dans la population par des méthodes de physique statistique, habituellement utilisées pour étudier les gaz.

Ces deux physiciens, les voici . Aleksandra Walczak et Thierry Mora ont passé de nombreuses heures en compagnie de biologistes et de médecins de l’hôpital Bichat à Paris dès le mois de mars. Après dix ans à collaborer avec des virologues à l’international, ils ont en charge le volet « immuno » de cette collaboration.

Ayant « raté la première vague » , selon leurs propres mots, en raison des protocoles éthiques – on ne demande d’habitude pas à des atomes la permission d’effectuer des prélèvements —, ils ont remporté un appel flash de l’ANR en mars dernier. Les chercheurs ont encore neuf mois pour dénicher les signatures des diverses réponses immunitaires.

« Une bonne raison de ne pas dormir ». On peut donc être un physicien de crise, à écouter ces chercheurs ! Pour Aleksandra Walczak, la Covid montre l’importance des mathématiques et plus largement de toutes les disciplines, même celles dont l’utilité n’apparaît pas dans l’immédiat en cette période troublée.

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