Plus de fonds mais plus de pression

— Le 29 novembre 2019
Le calendrier est maintenant connu.
Lors de la cérémonie des 80 ans du CNRS (en voici la retransmission intégrale), le président Emmanuel Macron a donné le tempo. Le texte de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche devra être présenté au conseil des ministres « entre mi et fin-février ». Dans un exercice de questions/réponses bien rôdé avec un panel de chercheurs triés sur le volet, il a également pris le temps d’exposer sa vision de la LPPR. Au moins trois mesures y seront intégrées sans coup férir :

L’introduction d’un CDD de chantier (ou d’un « CDI de projet », c’est selon) dans la recherche car, selon le président, « il n’y a pas de continuum en France entre la précarité et la titularisation, il faut une sorte de sas ».
La suppression des autorisations de cumuls d’activité a priori : « La loi les fera sauter (…) ça crée de la confiance et ça responsabilise ». Reste à trancher le cas des contrôles a posteriori pour éviter les abus.
– Last but not least, une refonte de l’évaluation des chercheurs. « Vous avez trop d’évaluations qui ne servent à rien (…) il en faut moins mais en tirer les conséquences », a asséné le président. On est là au cœur de l’esprit « darwinien » de la loi. 

La spécialité de Thomas Ebbesen, qui a reçu sa médaille d’or du CNRS des mains du président, est de faire passer des photons par de tous petits trous. A-t-on vu la lumière le 26 novembre dernier ? En un sens oui, comme l’a déclaré Emmanuel Macron, qui s’est engagé à sortir le chéquier : « je crois dans la nécessité d’un investissement dans la recherche publique, car c’est un choix de souveraineté », tout en rappelant la faiblesse des dotations de l’Agence nationale de la recherche. Reste à savoir combien, comment et surtout à qui iront ces financements. 

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