🔶 Qui connaissait Katalin Kariko ?



11 janvier 2021 /// l’actu de l’inno 
Il n’y a pas
d’heureux hasard

Ô miracle, les vaccins à ARN vont sauver le monde. Au moment où les spécialités de Moderna et BioNtech sont toutes deux autorisées en France, on voulait vous en dire un mot. 
Et ce pour plusieurs raisons. La première étant que le principe même de cette technologie nécessite un peu de vulgarisation (oui, même pour les chercheurs que vous êtes).
L’occasion aussi de rappeler une histoire de recherche. Ce que les industriels ont produit en quelques mois, les scientifiques ont mis presque trente ans à le développer. La recherche, c’est le temps long. Mais ça vous le savez déjà.
Et puisqu’il faut une égérie, la voici : Katalin Karikó (dont le monde entier parle) est une des chercheuses qui, par son opiniâtreté, a permis de donner ses lettres de noblesses à l’ARN. From zero to hero.
Bonne lecture,
Laurent de TheMetaNews
 PS. La semaine prochaine, retrouvez l’épisode#7 de notre podcast Le Déclic avec Julie Marchand.


Si vous n’avez que 30 secondes


Tout vient de la paillasse
Le fol espoir de l’ARN
Les vaccins à ARN : trente ans de recherche en coulisses, un an sur le devant de la scène. Et un (bel) avenir devant eux.


Almost famous, voici Katalin Kariko

Le principe est simple. Si simple en réalité qu’il tient en une phrase : les vaccins à ARN font produire à notre corps les molécules virales qui seront ensuite reconnues par nos défenses immunitaires. Les vaccins “classiques” étant eux une injection de tout ou partie du virus dont on cherche à se protéger.
Un fol espoir. Cancer, Sida, les vaccins à ARN et leurs cousins à ADN (qui sont du coup un peu passés de mode) font rêver depuis des années. Et pour cause, la technologie ARN est hyper versatile : il suffit de connaître la cible pour la désigner à notre système immunitaire et laisser faire la nature, c’est-à-dire le corps se défendre lui-même.
Au doigt mouillé. La Covid signe en tous cas le triomphe de cette voie de recherche vieille de trente ans, au détriment d’une approche “tout pharmaco” un peu probabiliste, opéré par « repositionnement » de vieilles molécules (coucou l’hydroxychloroquine, bonjour l’invermectine, sans oublier l’octofène).
Nature bien faite. Pour les scientifiques qui travaillent sur la question, la vaccination à ARN, si efficace qu’elle semble être, n’a néanmoins rien d’une panacée. A écouter Behazine Combadiere : « on reproduit la nature mais on ne pourra pas faire mieux » que ce dont est capable notre immunité.
ARN hégémonique ? La chance que nous avons avec la Covid est en effet que la cible est claire et ne change pas : c’est la fameuse spicule (si vous voulez TOUT savoir), qui lui permet de s’attacher à nos cellules. Si les problèmes logistiques sont une réalité, la raison principale qui empêcherait un vaccin ARN de s’attaquer à une maladie est donc la suivante :
  Les cibles vaccinales n’existent pas toujours  De nombreux virus (herpès, Sida, grippe) mutent beaucoup plus que le Covid et, dans certaines maladies comme les infections bactériennes ou les cancer, trouver LA bonne cible est un casse-tête aujourd’hui irrésolu.
Jupiter et Saturne. Des virus bien étudiés, qui mutent peu, une technologie à ARN peaufinée depuis trente ans, un système de veille internationale mis sur pied grâce aux précédentes épidémies : la situation de la Covid est un alignement des planètes comme nous n’en connaitrons pas avant quelques années.


Encore quelques questions (effets secondaires, technologie, développement) ? Ce document de la Société de pathologie infectieuse de langue française (oui la Spilf) pourra certainement y répondre.


 Cherchez le ou les intrus parmi les quatre vaccins ci-dessous !  Lesquels de ces vaccins anticovid n’utilisent pas la technologie de l’ARN ? (de gauche à droite et de haut en bas : Sputnik 5, Moderna, Pfizer BioNtech et AstraZeneca/Oxford). Réponse dans le prochain numéro.










 Des infos en vrac   C’est gratuit et accessible à tous, alors pourquoi ne pas en profiter ? La cinquième saison du Mooc « Doctorat et poursuite de carrière » de PhDooc ouvre ses portes à compter du 13 (un petit trailer ?) //////////// On vous parlait d’hydrogène dans un précédent numéro, le gouvernement vient d’installer son conseil national sur le sujet mais sans chercheur en son sein /////////// Oui, ça remonte un peu mais ça reste pertinent, le ministère de la Recherche a publié son guide du Crédit impôt recherche fin novembre (pour les Routards de l’inno) /////////// PhdTalent lance son programme d’accompagnement à l’entrepreneuriat pour les chercheurs baptisé PhdMind /////////// Si vous voulez vous remettre à niveau sur ce qu’est l’innovation (particulièrement en santé), ce doc de l’Inserm répondra à beaucoup des questions que vous posez ///////////


Ils parlent d’inno (alors on vous en parle)



Et pour finir
—

C’était juste pour vous dire qu’on a retrouvé les plans de la puce 5G que Bill Gates compte implanter dans tous nos cerveaux grâce à la vaccination et qu’en voici les plans… A moins que cela ne soit ceux d’une pédale d’effet pour guitare, comme le raconte un hilarant article de L’Independant.