Ca vous dit une chaire junior ?

— Le 24 juin 2020

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La mise en place de ces “tenure track” pose de (très) nombreuses questions.

Les “tenure track” sont un serpent de mer. Mais, après de nombreuses années de réflexion et de comparaison internationales, en voici la première bosse, sous la forme des “chaires de professeur junior (CPJ)”, introduites dans le projet de loi Recherche (art.3). Au grand dam de certains, même si des aménagements (voir en conclusion ) ont été arrachés après une négociation de 21 heures avec certains syndicats. Les conditionnels qui suivent sont de rigueur, la loi n’étant pas passée devant le Parlement.

Combien ? D’un coût total de 116 millions d’euros, les CPJ représenteraient jusqu’à 25% des effectifs dans les postes concernés, chargés de recherche ou maître de conférence. Le processus de sélection durerait « plusieurs mois ».

– Comment ? Ouverts sur la base du volontariat par les établissements, ces postes axés recherche plus qu’enseignement auraient une durée de 3 à 6 ans maximum avant une promotion aux rangs de professeur ou de directeur de recherche.

– Pour qui ? Il s’agit d’attirer des chercheurs étrangers, de faire revenir des chercheurs français expatriés ou de créer des postes de recherche interdisciplinaire qui ne rentrent dans aucune case aujourd’hui.

Pourquoi tant de haine ? Itinéraire bis, promotion automatique, extinction des maîtres de conférence… La future existence des chaires de professeur junior cristallise la polémique et provoquerait des ressentiments au sein des labos (voir notre interview ). Entre les CPJ et les autres, éventuellement bloqués dans leurs carrières, le risque de déclassement est réel.

Quel avenir pour ces contrats ? Frédérique Vidal le répète : ces tenure tracks ne sont qu’un outil à la disposition des établissements, qui y auront recours si nécessaire. Un garde-fou va en limiter la portée : pour tout “tenure track” signé, les établissements devraient promouvoir un professeur d’université ou un directeur de recherche. Il y a une sorte de précédent : les contrats LRU, qui n’ont jamais fait florès. En sera-t-il de même pour les profs junior ?
Une petite phrase énigmatique

Et elle se trouve dans l’exposé des motifs de la loi. La voici : « Compte tenu de l’évolution des départs à la retraite (…), il serait possible de maintenir en flux le nombre actuel de postes mis aux concours et de consacrer tout ou partie du solde à cette nouvelle voie d’accès aux corps de professeurs et de directeurs de recherche ». Doit-on comprendre que les chaires juniors seraient créés grâce au non-remplacement des départs en retraite, voire diminuerait d’autant les effectifs recrutés sur concours ?

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