Ces directeurs de thèse qui réclament des résultats

— Le 8 octobre 2021
Deux professeurs en droit appellent à une obligation de résultat pour les doctorants, avec en toile de fond la responsabilité et l’évaluation des encadrants.

A la plage. Les doctorants se la coulent-ils douce ? Certains d’entre eux oui, affirment deux chercheurs en droit dans une « pétition de principe » publiée dans une revue du domaine (le texte est accessible ici). Le problème serait selon eux l’absence d’obligation de résultats pour les doctorants, qui peuvent donc abandonner leur thèse après avoir profité d’un financement durant trois ans.

Données bancales. Les auteurs – qui ont poliment décliné nos demandes d’interview pour « ne pas rajouter une nouvelle occasion de déchainement médiatique » – se basent sur des « retours d’expérience concordants » pour développer leur argumentaire. Les statistiques d’abandon ne sont, en effet, pas facilement disponibles mais Sylvie Pommier, présidente du RNCD, s’en défend dans Newstank : « Dans les domaines où il relève de la norme de financer les doctorants, les abandons relèvent de l’exception. »

Des sous. Rembourser son salaire — 100 000 euros environ — si l’on ne soutient pas sa thèse ? C’est une des suggestions de cet article sobrement intitulé « La bourse et la (belle) vie ». Sylvie Pommier pointe le danger sur l’intégrité scientifique si cette disposition venait à être mise en place. 

Notre analyse  Si les deux professeurs de droit privé s’insurgent contre un report de responsabilité et un renforcement du contrôle sur les directeurs de thèse, c’est que cette question devient prégnante, à l’heure où l’évaluation des chercheurs basée sur la qualité de leur encadrement prend de l’ampleur.

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