Couperin joue sa partition

— Le 31 janvier 2020
Le consortium sort une enquête plus que complète sur les opinions et les pratiques des chercheurs quand il s’agit de publis. Analyse.

Faire une enquête sur les pratiques de publication, c’est s’exposer à quelques doléances. « “Vous n’aurez que l’avis des râleurs”, m’a dit un employé de Springer lorsque nous avons lancé l’enquête », raconte Françoise Rousseau-Hans, co-auteure du rapport du Consortium Couperin sur ce sujet, paru le 23 janvier. Cette initiative n’est pas innocente, puisque le consortium coordonne l’ensemble des négociations avec les éditeurs scientifiques pour la France. « Nous avons récolté presque 12 000 réponses, soit environ 10% de la communauté », dit Françoise Rousseau-Hans, et presque autant de verbatims de la part des intéressés. Pas que des râleurs, donc. Mais beaucoup d’insatisfaits en revanche : plus de 85% des sondés déplorent notamment le rapport qualité-prix des éditeurs “traditionnels”. Un modèle que vient bousculer le mouvement d’open science, prônée par la puissance publique, ministère en tête.

Objectif open
Or dans un avis mis en ligne début janvier, le Comets (comité d’éthique du CNRS) titillait justement le consortium Couperin sur ce point : « [Les négociations du consortium] ne semblent pas se situer d’emblée dans une perspective de science ouverte ». Il souhaitait également la transparence des discussions financières entre Couperin et les éditeurs. Françoise Rousseau-Hans s’inscrit en faux et se dit très en faveur de l’accès ouvert : « L’enquête nous donne plus de force pour les prochaines négociations, le but étant de développer le libre accès sans augmenter les dépenses ». En tous cas, si le consortium voulait sonder les chercheurs sur leur capacité à critiquer les géants de l’édition, la mission est accomplie.
L’étude Couperin en trois faits

>> La publication en open access est répandue dans les sciences du vivant ou la médecine (29% répondent “souvent”) ; beaucoup moins en chimie (7%) ou en sciences de l’ingénieur (5%).

>> Moins de 5% d’entre vous paient pour se procurer un article quand il n’est pas disponible ! « Les sites illégaux » (Libgen ou SciHub) sont plébiscités par les moins de 35 ans.

>> Les preprints concernent près d’un tiers des chercheurs, surtout en mathématique (80%) loin devant l’informatique, la physique ou l’économie.

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