De quoi l’islamogauchisme est-il le nom ?

— Le 28 octobre 2020

Un mot-valise ne résume pas tout
La récente polémique lancée par Jean-Marie Blanquer est interprétée comme une attaque contre la liberté académique. Analyse.

Bis repetita. Tout commence par une interview de Jean-Michel Blanquer au Journal du dimanche sur le thème « l’islamogauchisme fait des ravages à l’université ». Une sortie réfléchie puisqu’il la réitère au Sénat ou à Europe1. Le ministre de l’Education nationale sort ainsi clairement de son périmètre et empiète sur celui de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur.

Réactions en chaîne. Les réactions au sein de l’ESR ne se font pas attendre, la conférence des présidents d’université (CPU) insiste en particulier sur le fait que « la recherche n’est pas responsable des maux de la société ». Après un temps, Frédérique Vidal choisit la réponse (mesurée mais ferme) par tribune interposée en assumant que « l’extrémisme est étranger [à la recherche] par essence ». Elle ne disait pas autre chose déjà en 2018.

De quoi parle-t-on ? C’est là où ça se complique — voici déjà une définition simple de l’islamogauchisme et une beaucoup plus complète —, un terme à prendre avec des pincettes d’un kilomètre. Au-delà des cibles politiques de Jean-Michel Blanquer (le syndicat étudiant Unef ou la France Insoumise), des chercheurs se sentent visés par les propos de M. Blanquer. Pourquoi ?

Marqueurs idéologiques. Car ce sont également des domaines de recherche qui seraient visés : l’intersectionnalité (voilà un exemple de publication qui vient de paraître) est notamment en ligne de mire… et la liberté académique en jeu. Hasard du calendrier, les ministres européens de la Recherche viennent de signer à Bonn une déclaration sur la liberté des scientifiques.
Mais qui sont-ils ? 

Le ministre de l’Education nationale ne cite personne mais sous-entend que certains domaines de recherche en sciences humaines et sociales contribueraient à créer un terreau propice à l’extrémisme. Dans une série de tweets, le chercheur Baptiste Coulmont témoigne de l’intérieur de ce qui devrait être un nid d’islamogauchistes (mais ne l’est apparemment pas) : le département de sociologie de l’Université Paris 8.

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