Florian Cova : « Le but était de piéger la revue »

— Le 4 septembre 2020
L’hydroxychloroquine contre les accidents de trottinette ? Si vous avez raté le canular de l’été, voici un rattrapage avec Florian Cova l’un de ses facétieux auteurs.

Quel a été l’événement déclencheur ? 


La publication d’un autre article dans la même revue prédatrice. En juillet, le collectif Laissons les médecins prescrire avait publié sa propre étude supposée démontrer l’efficacité du traitement hydroxychloroquine et azithromycine. Bien qu’il s’agisse d’une revue prédatrice, ils l’avaient présentée aux médias comme une revue sérieuse pour montrer que leur étude avait été validée par la communauté scientifique. Certains journalistes avaient contacté la revue qui leur a assuré qu’elle n’était pas une revue prédatrice [et qu’un peer review avait bien eu lieu, NDLR]. Ce qui était faux.

Pour qui avoir fait ce canular ? Est-ce une juste blague entre chercheurs ?

Non, le but était vraiment de piéger la revue Asian Journal of Medicine and Health et de montrer qu’elle était une revue prédatrice. Le premier auteur de notre article a lancé sur les réseaux sociaux l’idée de soumettre un papier très nul pour voir si la revue l’accepte. Au cours de la rédaction, on a profité de l’occasion pour se moquer de toutes les fautes méthodologiques qui trainaient dans le débat français autour de l’hydroxychloroquine.

Votre démarche a-t-elle été comprise par le grand public et les médias ?

On a eu beaucoup de reprises dans les médias, mais le message a été un peu brouillé. Le canular était pour eux une façon de dénoncer les revues prédatrices en général, alors que cela a déjà été fait plein de fois [en 2013, John Bohannon avait soumis le même article à plus de 304 revues, NDLR].

À lire aussi dans TheMetaNews

« Une crise permet d’éveiller les consciences »

Hasard du calendrier, la loi de simplification de la vie économique est parue hier au JO, sans la suppression du Hcéres qu'elle prévoyait au départ, est-ce donc la fin de l'histoire ? CC. Difficile de s'exprimer sur les choix futurs que feront les parlementaires, nous...

« Le projet de Vincent Bolloré est une nouveauté absolue » 

Vous dénoncez la multiplication d'auteurs d'extrême droite et souverainistes depuis que la maison d'édition Fayard est passée sous le contrôle de Vincent Bolloré. Pourquoi ?  Depuis des décennies, le catalogue de sciences humaines et sociales de la maison Fayard...