Le fol espoir de l’ARN

— Le 11 janvier 2021

Almost famous, voici Katalin Kariko
Les vaccins à ARN : trente ans de recherche en coulisses, un an sur le devant de la scène. Et un (bel) avenir devant eux.

Le principe est simple. Si simple en réalité qu’il tient en une phrase : les vaccins à ARN font produire à notre corps les molécules virales qui seront ensuite reconnues par nos défenses immunitaires. Les vaccins « classiques » étant eux une injection de tout ou partie du virus dont on cherche à se protéger.

Un fol espoir. Cancer, Sida, les vaccins à ARN et leurs cousins à ADN (qui sont du coup un peu passés de mode) font rêver depuis des années. Et pour cause, la technologie ARN est hyper versatile : il suffit de connaître la cible pour la désigner à notre système immunitaire et laisser faire la nature, c’est-à-dire le corps se défendre lui-même.

Au doigt mouillé. La Covid signe en tous cas le triomphe de cette voie de recherche vieille de trente ans, au détriment d’une approche « tout pharmaco » un peu probabiliste, opéré par « repositionnement » de vieilles molécules (coucou l’hydroxychloroquine, bonjour l’invermectine, sans oublier l’octofène).

Nature bien faite. Pour les scientifiques qui travaillent sur la question, la vaccination à ARN, si efficace qu’elle semble être, n’a néanmoins rien d’une panacée. A écouter Behazine Combadiere : « on reproduit la nature mais on ne pourra pas faire mieux » que ce dont est capable notre immunité.

ARN hégémonique ? La chance que nous avons avec la Covid est en effet que la cible est claire et ne change pas : c’est la fameuse spicule (si vous voulez TOUT savoir), qui lui permet de s’attacher à nos cellules. Si les problèmes logistiques sont une réalité, la raison principale qui empêcherait un vaccin ARN de s’attaquer à une maladie est donc la suivante : 
Les cibles vaccinales n’existent pas toujours  De nombreux virus (herpès, Sida, grippe) mutent beaucoup plus que le Covid et, dans certaines maladies comme les infections bactériennes ou les cancer, trouver LA bonne cible est un casse-tête aujourd’hui irrésolu.

Jupiter et Saturne. Des virus bien étudiés, qui mutent peu, une technologie à ARN peaufinée depuis trente ans, un système de veille internationale mis sur pied grâce aux précédentes épidémies : la situation de la Covid est un alignement des planètes comme nous n’en connaitrons pas avant quelques années.
Encore quelques questions (effets secondaires, technologie, développement) ?
Ce document de la Société de pathologie infectieuse de langue française (oui la Spilf) pourra certainement y répondre.

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