Les Républicains et la recherche

— Le 24 novembre 2021


Où il sera question d’atome et d’agriculture
On a fait un tour dans le programme recherche du parti de droite.

Transversal. C’est à coup de consultations et de réunions que s’est constitué le programme des Républicains, mis en ligne à la fin de l’été, dans une dizaine de cahiers. Les mesures concernant la recherche, qui ne sont traditionnellement pas un cheval de bataille de la droite, y sont égrenées en fonction des thématiques : agriculture, souveraineté, santé, énergie…

A six mains. Ce programme a été supervisé par un trio de parlementaires spécialistes des questions du sup’ et de la recherche : un député, Patrick Hetzel, et deux sénateurs, Stéphane Piednoir et Laure Darcos. Tous trois ont par ailleurs été impliqués dans les débats autour de la Loi de programmation de la recherche (LPR). La continuité est donc de mise sur de très nombreux sujets (financement, RH…) sur lesquels nous ne reviendrons pas.

Suite dans les idées. Tous trois affichent ainsi des objectifs en droite ligne de la LPR. Ainsi, la sénatrice Laure Darcos affiche son volontarisme :« La recherche est un sujet majeur : on n’a pas d’économies de bout de ficelle à faire. Jusqu’à présent on a mégoté ».

Best-of. Voici un florilège de quelques mesures tirées du programme des Républicains, d’envergure diverses :
L’Inrae doit se reconcentrer sur l’agronomie. Les Républicains ne font pas mystère du fait que l’institut devrait laisser les sciences sociales à d’autres (voir interview) ;
Sanctuarisation du Crédit impôt recherche (avec une facilitation pour les PME). Patrick Hetzel évoque des effets d’aubaine à régler « dans la banque et les assurances » et Laure Darcos un « plafonnement éventuel pour les grandes entreprises ».
– Côté énergie, oui au nucléaire avec la construction de réacteurs EPR, un plan hydrogène de 11 milliards d’euros d’ici 2040 et un coup d’arrêt des financements à l’éolien ou au solaire.
Remplacer le principe de précaution par un « principe d’innovation responsable », une approche un brin scientiste de la recherche (commentaire personnel). 

Course à l’échalotte. En attendant le congrès du 04 décembre, les cinq candidats n’ont eu que des prises de position éparses sur le sujet de la recherche même si Philippe Juvin a pu fustiger l’inculture scientifique des élites politiques (et veut renforcer la recherche en santé) ou Xavier Bertrand jurer qu’il ne toucherait pas au Crédit impôt recherche. Nous n’avons, par ailleurs, pas retrouvé de position claire de Valérie Pécresse sur la recherche et le sup’, même si on l’imagine mal revenir sur une autonomie des universités qu’elle a impulsée.
Et les libertés académiques ?

Dans les quatre débats qui ont réuni les candidats LR à l’investiture, le « wokisme » a succédé à l’islamogauchisme. On se rappelle que Frédérique Vidal avait dénoncé l’islamogauchisme qui « gangrénait l’université » (encore récemment sur France info). Et, si l’enquête promise par la ministre semble ne jamais devoir voir le jour, cette question touchant directement les recherches en sciences sociales n’a pas reparu pour le moment. Liberté académique toujours, rappelons que Laure Darcos a porté cet amendement à la loi Recherche qui avait fait grand bruit, beaucoup y voyant une menace directe pour les libertés académiques. Pourtant sans intention de nuire, d’après l’intéressée et ceux qui la connaissent. L’article a été finalement rédigé comme suit, ce qui selon le juriste Olivier Beaud, « ne veut strictement rien dire ». Le sujet ne constitue pas aujourd’hui un axe de campagne fort pour LR.

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