
15.04.2026 • N° 586 • LA RECHERCHE ET SA POLITIQUE
Les amis de mes amis
Tic, tac, tic. Le compte à rebours de la présidentielle (dont la date n’est pas encore connue) est dans toutes les têtes… tout comme l’irrésistible percée du Rassemblement national dans les intentions de vote.
Bastion. Au moment où les universités remettent à plat leur financement avec le gouvernement, elles risquent de se retrouver bien seules si le ou la candidat·e RN est élu·e en 2027, dans la plus pure tradition des extrême-droites déjà documentée à l’international.
Faire front. Les nuages s’amoncellent donc autour des campus en attendant la vérité des urnes. Ne serait-il pas le moment de compter ses amis dans la classe politique ? Notamment du côté de La France Insoumise.
Renouer. Les relations entre les président·es d’université et LFI sont en effet notoirement tendues malgré un important contingent de scientifiques au sein de ce parti. Que faire ? Le président de France universités Lamri Adoui répond à ces questions dans notre interview de la semaine.

Bonne lecture,
— Laurent de TheMetaNews
Sommaire
→ EXPRESS Diète au CNRS, VSS en Guyane, accord franco-coréen
→ LA VIE DE L’ESR Elles et ils refont leur carte de visite
→ EXPRESS Votre revue de presse
→ ET POUR FINIR Less is best
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INTERVIEW
« On a entendu beaucoup de beaux discours »
Financements, Rassemblement national, le président de France Universités n’élude aucune question à un an de la présidentielle.

↳ Les statistiques et les constats sur les finances des universités se suivent et se ressemblent. Quelques semaines après le début des Assises sur le sujet voulues par Philippe Baptiste, que peuvent-elles apporter concrètement ?
Nous y sommes entrés avec plusieurs attentes, dont celle de se mettre d’accord avec les décideurs et le ministère sur les chiffres. Nos comptes sont évidemment publics mais l’interprétation qui en est faite suscite un désaccord parfois profond (…)
EXPRESS
Pendant ce temps-là dans la recherche
Infos en passant… Le ministère des Affaires étrangères a élaboré une stratégie intitulée « Une diplomatie scientifique pour la France » avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche (et de l’Espace !) • D’ici au 13 mai prochain, date de la première Journée européenne du doctorat, vous pouvez retrouver une série de témoignages des ambassadrices et ambassadeurs du diplôme comme celui de Sylvie Retailleau, présidente d’Universcience et ancienne ministre de l’ESR, que nous avons interviewé il y a peu • L’Université de Corse Pasquale Paoli crée l’Institut de Recherche en Santé de Corse ainsi que la Chaire Hospitalo-Universitaire afin de « fédérer, structurer et renforcer la recherche en santé sur le territoire insulaire » • Du 18 au 20 mai, le festival Pint of Science est de retour un peu partout en France et vous pouvez déjà réserver votre place • Les auditions de la commission d’enquête sénatoriale sur la capacité des universités françaises à garantir l’excellence académique du service public de l’enseignement supérieur continuent cette semaine avec notamment une table ronde avec des présidents d’université •
ÇA VOUS A FAIT RÉAGIR
« Nous voulions introduire quelques réflexions sur la progression du pourcentage de femmes que vous présentez comme « positives ». Si la part de femmes recrutées en tant que professeurs des universités (PU) ou maîtresses de conférences (MCF) a effectivement augmenté, le nombre absolu de recrutements diminue. Pour les MCF, on passe ainsi de 852 femmes recrutées en 2010 à seulement 497 en 2021 et pour les PU, de 309 à 210. Une évolution qui souligne la contraction actuelle de l’emploi scientifique public — accompagnée par ailleurs d’une précarisation accrue. Par ailleurs, si la part des femmes est de 39% chez les enseignants-chercheurs titulaires, elle reste plus importante parmi les personnels non titulaires (44%). Le constat est le même dans les organismes nationaux de recherche. »
Hélène Gispert (Historienne des sciences I Université Paris-Saclay) et Daniel Egret (Astronome I PSL) réagissent à notre chiffre sur la part des femmes dans la recherche.
EXPRESS
C’est la vie de l’ESR
→ Au JO cette semaine. Quelques sanctions du Cneser disciplinaire (et si vous en profitiez pour relire un numéro de notre série Comparution ?) • Des concours externes et internes sont ouverts à l’Université Gustave Eiffel pour le recrutement de techniciens de la recherche de classe normale, d’assistants ingénieurs, d’ingénieurs d’études de classe normale et d’ingénieurs de recherche de classe normale • D’autres concours sont organisés pour le recrutement d’ingénieurs d’études de classe normale relevant du ministère de l’Agriculture • L’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) est autorisé à accepter une donation de la Fondation Renaissance Philanthropy et l’Université de Tours est autorisée à accepter celle de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) Chirurgiens-dentistes Région Centre • Des postes de maître de conférences et de professeur des universités praticien hospitalier des disciplines médicales, odontologiques et pharmaceutiques sont déclarés vacants ainsi que des postes de maître de conférences et de professeur des universités en médecine générale •
→ Ils réimpriment leur carte de visite. Nicolas Fiévé, directeur d’études à l’École pratique des hautes études, est renouvelé dans ses fonctions de directeur de l’École française d’Extrême-Orient • Les représentants du personnel et des employeurs à la commission paritaire de pilotage et de suivi du régime de Protection sociale complémentaire (PSC) ont été nommés (relisez notre analyse) • Deux nominations de délégués régional académique adjoint à la recherche et à l’innovation : Vincent Gloaguen, professeur des universités, pour la région Nouvelle-Aquitaine et Pascaline Toutois, ingénieure de recherche, pour la région Grand Est • Chloé Braud est nommée membre de la commission interdisciplinaire « Humains, sociétés, technologies matérielles et numériques » du Comité national de la recherche scientifique (CoNRS), en remplacement de Sihem Amer Yahia • Les jurys et des experts extérieurs de l’Institut universitaire de france (IUF) ont été nommés •
EXPRESS
Votre revue de presse
→ Experts : ESR. Avoir des ministres de l’Enseignement supérieur et de la Recherche directement issus du monde académique fait-il la différence ? Cette « singularité » dans le monde ministériel français pose également la question de leur poids politique ↯, pointe Les Echos.
→ Parole sensible. Le 8 mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la neuroradiologue Myriam Edjlali-Goujon a pris position sur ses réseaux sociaux sur la place des femmes en science mais également sur la dictature en Iran et l’importance pour les jeunes filles d’avoir accès à l’éducation supérieure. Le Monde tire son portrait ↯. Alors que la guerre et les bombardements s’intensifient, les institutions universitaires du pays sont de plus en plus menacées, rapporte de son côté Science. À l’université d’Orléans, un doctorant de nationalité iranienne est accusé de « provocation directe à un acte de terrorisme en ligne », rapporte Le Parisien avec l’AFP. Il doit être jugé en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel en début de semaine prochaine.
→ Batterie faible. Nous vous en parlions dans le dernier numéro de TMN Mercredi, Sébastien Lecornu a demandé une nouvelle économie de 20 millions d’euros au CNRS sur les 2,9 milliards d’euros de sa subvention annuelle. Une baisse de crédit dont une partie sera répercutée sur la dotation aux unités de recherche et qui fait réagir syndicats et directeurs de laboratoires ↯, pointe NextInk.
→ Vigilance orange. Fermeture de départements entiers, licenciements massifs, cérémonies de remise de diplôme pour les étudiants racisés supprimées… Depuis 2023, les universités publiques du Texas, aux États-Unis, sont les cibles privilégiées des attaques de l’administration Trump ↯ au nom d’une lutte contre une idéologie « woke », rapporte Libération. Toujours côté US, Donald Trump a proposé d’importantes coupes budgétaires pour les principaux organismes scientifiques du pays ainsi que l’interdiction d’utiliser des fonds fédéraux pour payer les abonnements de certaines revues scientifiques, rapporte Nature.
→ Cheval de Troie. Fervente défenseure des théories complotistes sur la pandémie de la Covid 19 et amatrice de pseudo-science, la sénatrice Les Républicains Laurence Muller-Bronn fait régulièrement de la chambre haute un lieu « de résonance pour ses idées à mille lieues de la science » ↯, dénonce L’Express.
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QUI DIT MOINS
Et pour finir…
Combien de mots fait le papier le plus court jamais écrit ? Nous disions 27 dans notre dernier numéro mais vous nous avez détrompé.