Marta Aymerich : « Passer à l’action avec Dora »

— Le 26 juin 2020
Depuis que Marta Aymerich  a signé Dora en 2018, l’Université de Catalogne (UOC) n’évalue plus ses chercheurs comme avant.

Quelles actions concrètes avez-vous mises en place en termes de recrutement à l’UOC ? 


Un plan d’action a été réalisé pour s’assurer que la signature de Dora n’était pas qu’une simple manifestation d’intérêt. Par exemple, nous avons changé le processus annuel de recrutement postdoctoral. Avant, seulement 35% de l’évaluation correspondait à des critères qualitatifs. Aujourd’hui, nous évaluons quatre « réalisations » scientifiques choisies par le candidat – une réalisation peut être un article, un groupe d’articles, un projet, un brevet ou tout autre résultat. 

En pratique, quels critères utilisez-vous pour évaluer des chercheurs ?

Nous avons mis en place de nouvelles procédures d’évaluation. Premièrement, les professeurs présentent la progression de leur carrière dans les trois missions universitaires (enseignement, recherche et échange de connaissances) et sont évalués par leurs pairs. Deuxièmement, les chefs de groupe de recherche voient leur CV et leur plan de recherche – une proposition écrite et une présentation publique – analysés par un conseil scientifique tous les 4 ans.

Les chercheurs ne devraient-ils pas aussi changer leurs habitudes ? 

Absolument. Nous avons pour but non seulement d’évaluer plus justement la recherche, mais également d’ouvrir les connaissances. Le système d’évaluation traditionnel incite les chercheurs à produire uniquement des publications. Mais l’article scientifique n’est qu’un moyen. En prenant en compte d’autres paramètres – la capacité à former des doctorants, l’aptitude à promouvoir les membres du groupe, l’impact sociétal – nous aimerions donc inciter les chercheurs à partager, collaborer et accroître la qualité et l’impact de leurs travaux.

À lire aussi dans TheMetaNews

« Le projet de Vincent Bolloré est une nouveauté absolue » 

Vous dénoncez la multiplication d'auteurs d'extrême droite et souverainistes depuis que la maison d'édition Fayard est passée sous le contrôle de Vincent Bolloré. Pourquoi ?  Depuis des décennies, le catalogue de sciences humaines et sociales de la maison Fayard...

Lamri Adoui : « On a entendu beaucoup de beaux discours »

Les statistiques et les constats sur les finances des universités se suivent et se ressemblent. Quelques semaines après le début des Assises sur le sujet voulues par Philippe Baptiste (relire notre analyse), que peuvent-elles apporter concrètement ? Nous y sommes...