Vers une recherche plus verte ?

— Le 11 août 2020


Ceci n’est pas un débat sur les OGM.
Réduire l’empreinte carbone de la science, c’est une des ambitions affichées du CNRS. Mais aussi et surtout un gros enjeu pour les chercheurs.

Un impératif. Il faut diminuer les émissions de gaz à effet de serre (ou GES pour les intimes) ! Vous connaissez certainement les recommandations du Giec : — 45% d’ici 2030 et neutralité carbone en 2050 pour contenir le un réchauffement de la planète à +1,5°C. La tâche est herculéenne et tous les acteurs de la société sont invités à y prendre part. Mais que fait la recherche ?  

Dans la relance. Le gouvernement vient de profiter du programme France Relance pour mettre sur la table 4 milliards d’euros qui seront distribués à des projets de rénovation thermique des bâtiments publics de l’ESR. Il faut rappeler qu’environ un quart des émissions de GES en France provient des bâtiments.

Les universités s’y mettent. Dans les universités, des vice-présidents au développement soutenable sont nommés, comme Jane Lecomte à Paris-Saclay, dont une des missions est de sensibiliser les personnels aux enjeux climatiques. A l’étranger, d’autres ont déjà commencé. L’université de Colombie-Britannique arrive aujourd’hui première mondiale en terme d’action climatique grâce à son plan de réduction des émissions sur dix ans.

Surtout des chercheurs. Les professionnels de la recherche n’ont pas attendu pour s’organiser. On peut citer le mouvement No Fly Climate Sci qui prône depuis 2017 une diminution des voyages en avion ou le groupement de service EcoInfo qui milite depuis quatorze ans pour une informatique éco-responsable. Ce dernier propose entre autres un outil permettant de calculer les émissions de GES liées aux équipements informatiques.

Un collectif d’ampleur nationale. En France, l’initiative qui monte, c’est Labos1point5. Fondée par deux chercheurs en mars 2019, le collectif regroupe aujourd’hui plus de 300 professionnels de la recherche actifs dans six équipes de travail. Parmi leurs nombreux projets, la création de l’outil GES1point5. Celui-ci permettra de réaliser un bilan des émissions de gaz à effet de serre au sein d’un laboratoire.

Bientôt dans les bacs. Le premier volet de GES1point5 tiendra compte des émissions liées au bâtiment (chauffage, énergie, gaz réfrigérant) et aux déplacements (véhicules propres au labo, missions et trajet domicile-travail des personnels). L’outil a même déjà été cité par le CNRS en juillet. Il ne reste qu’à s’en emparer.
Le h-index a-t-il le mal de l’air ?

Il n’y a pas de corrélation — ou une très faible — entre h-index et voyages en avion : c’est le résultat de deux études menées par des universitaires en interne (l’une à l’UBC au Canada et l’autre à l’EPFL en Suisse). Pour Jane Lecomte de Paris-Saclay, c’est la preuve qu’« il est déjà possible de réduire l’empreinte carbone de la recherche sans en dégrader la qualité ».

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