Onde de choc. L’info ne vous a sans doute pas échappé : Étienne Klein, figure française de la vulgarisation, s’est vu retirer son doctorat par l’Université Paris-Cité pour cause de plagiat. Des accusations auxquelles l’intéressé avait déjà fait face et que nous suivons à la rédaction depuis des mois.
Telle est la question. Pas besoin de plus pour enflammer les foules. D’un côté, la communauté de la recherche pour qui l’intégrité scientifique prévaut. De l’autre, ceux pour qui son talent ne saurait être entaché de ces accusations. Faut-il séparer l’œuvre de l’auteur ?
Dans la même veine. Face à lui, le cas bien plus controversé d’Idriss Aberkane, triple “PhD” proche des mouvements complotistes, qui conserve son diplôme malgré une enquête pour plagiat. Retour sur ces deux cas on ne peut plus dissemblables dans une analyse écrite par Lucile Veissier avant son départ en congés maternité (et complétée par nos soins depuis).
Bonne lecture,
— Noémie de TheMetaNews
Sommaire
→ ANALYSE Les destins croisés d’Étienne Klein et d’Idriss Aberkane → OUTIL Passez vos revues au détecteur → INFOS EN PASSANT Lanceur d’alerte, fonds fédéraux aux USA… → EXPRESS Votre revue de presse → ET POUR FINIR Posez vos stylos
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ANALYSE
Les destins croisés d’Étienne Klein et d’Idriss Aberkane
Le premier est un vulgarisateur de talent qui vient de se voir retirer son doctorat, le second un influenceur complotiste qui conserve le sien après enquête. Deux cas qui lèvent le voile sur le processus de retrait de doctorat en France.
À gauche : Idriss Aberkane – Capture d’écran du Journal des Débats / Wikimedia Commons (CC BY 3.0)
À droite : Étienne Klein – Photo de Rémy François2/Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
↳ Pomme C, Pomme V. Le verdict est tombé : vingt-sept ans après avoir obtenu son doctorat en philosophie des sciences de l’Université Paris Diderot (aujourd’hui Paris Cité), le célèbre vulgarisateur Étienne Klein se voit déchu de son titre. La décision de l’établissement fait suite à un rapport d’enquête interne accablant remis en mars 2026 : du plagiat aurait été détecté dans environ deux tiers des pages de sa thèse (…)
Vous vous apprêtez à soumettre votre article à une revue scientifique mais souhaitez avant cela mieux connaître ses tendances de publication ? C’est maintenant possible grâce à la plateforme Journal Trends mise en ligne il y a un peu plus d’un mois par le chercheur en sciences des données et détective de l’intégrité scientifique Achal Agrawal — que nous avions interviewé. Les données alimentant ce nouvel outil proviennent de la base OpenAlex et du Problematic Paper Screener (PPS), un outil développé par Guillaume Cabanac, dont nous avions fait le portrait. Son utilisation est simple : vous saisissez le nom ou numéro d’identification unique (ISSN) de ladite revue et obtenez le nombre d’articles qu’elle a publiés par pays, par année mais également par auteurs. Permettant ainsi de mettre en avant des pics ou tendances de publication inhabituelles. Natureen parle également et vous donne un exemple.
EXPRESS
Pendant ce temps dans les labos
● Défait au prétoire. Début 2021, le physicien Raphaël Lévy signalait des soupçons de fraudes scientifiques — relire notre enquête sur cette affaire. Affaire dans laquelle le physicien avait été accusé de harcèlement par l’autrice des faits puis blanchi, ce qui l’a poussé à s’entourer d’avocats et à demander la protection fonctionnelle auprès de l’Université Sorbonne Paris Nord. Il avait fait appel du rejet de cette décision devant la justice : le tribunal administratif (TA) de Montreuil a tranché le 11 juin en le déboutant. À une nuance près : Raphaël Lévy se voit de facto accorder par le TA de Montreuil le statut de lanceur d’alerte pour avoir « dénoncé une violation à la règle de l’intégrité scientifique ». Une première en France, à lire le juriste Olivier Leclerc. Le physicien s’en félicite aussi sur son blog.
● Petite nouvelle. Un groupe de chercheurs a récemment lancé une nouvelle revue — dénommée Journal of Research on Research (J·ROR) — qui sera publiée dans le portefeuille de la maison d’édition Taylor & Francis. Une revue en libre accès qui souhaite créer un lieu d’échange pour les scientifiques analysant de manière critique différents aspects de la culture, de la gestion, de la gouvernance et des pratiques de la recherche. Nous vous parlions aussi des métascientifiques.
● Prévision météo. Fin mai, le Bureau de la gestion et du budget (OMB) de la Maison-Blanche a publié un document proposant de réviser les règles relatives aux aides financières fédérales. Et la recherche scientifique du pays n’y échappe pas. Ainsi, si le texte venait à être accepté, chaque demande de financement sera soumis à un examen politique, des subventions pluriannuelles pourraient être annulées en cours de route et les budgets fédéraux ne pourraient plus être utilisées pour financer certaines dépenses (notamment les frais à la publication) ; les collaborations avec certains pays — désignés par l’administration Trump — serait interdites… L’Association of American Universitiesdétaille l’impact de cinq de ces mesures sur la recherche. Sciences’en inquiète dans un éditorial.
Mais aussi…Suite au décès tragique d’une chercheuse de 40 ans, connue sur des listes universitaires sous le nom Marie Desbois, certains de vos collègues apportent leur soutien et appellent à ouvrir les discussions sur la précarité et la santé mentale dans l’ESR. La famille souhaite « qu’elle contribue à faire entendre la souffrance de celles et ceux dont les parcours ont été brisés par des dynamiques de précarisation et de violence du monde universitaire » ● Le collectif de scientifiques toulousain·es engagé·es face à l’urgence écologique, Atécopol, publie dans Reporterre un plaidoyer pour un label « sans IAg [IA générative] » ●
→ Miroir, miroir. Remplacer les participants humains d’une étude, d’un sondage ou d’un questionnaire par des IA génératives ? Cette méthode, appelée le silicon sampling, soulève de nombreux problèmes et interrogations et pourrait accélérer la crise de la reproductibilité en sciences humaines et sociales, rapporte le média en ligne Sciences Critiques.