Il s’agit de protéger nos cerveaux

25.11.2022 • LA RECHERCHE ET SA PRATIQUE


Expression libre

Oyez, oyez ! Cela fait longtemps – trop longtemps – que nous n’avons pas publié vos réactions sous la forme de courriers des lecteurs. Vous en avez une que vous ne nous avez pas encore partagée ? Envoyez-la nous de suite et nous la publierons dans les semaines à venir !

Bâillons. C’est bon, c’est fait ? On peut repasser à l’actu avec ce nouvel acte de censure de la presse : Mediapart a reçu l’interdiction de publier les suites de ses révélations sur la mairie de Saint-Étienne. Un scandale pour les journalistes. Mais l’étonnement ne s’arrête pas là.

Même combat. C’est le secret des affaires qui, comme dans l’affaire d’Altice contre le média Reflets.info, est utilisé pour museler la presse. Certains chercheurs en ont aussi fait les frais, notamment des doctorants de SHS en Cifre – notre article sur le sujet est à relire dans nos archives.

Cerveaux câblés. Sans transition, l’ethos est à l’honneur cette semaine, avec l’interview du président du comité d’éthique de l’Inserm qui analyse avec nous la nouvelle charte sur les neurotechnologies et l’importance de l’éthique aujourd’hui.

À très vite, 
— Lucile de TheMetaNews.

PS. Déjà 22% pour notre campagne « Demain, ouvrir TMN » ! N’oubliez pas : à 100%, on lève le paywall.

Sommaire

→  INTERVIEW  Les neurotechnologies et l’éthique par Hervé Chneiweiss
→  UN CHIFFRE  Les préfixes de l’extrême
→  UN OUTIL  Un nouvel œil pour HAL
→  EXPRESS  Votre revue de presse
→  ET POUR FINIR Pas de chocolat, pas de Nobel

TEMPS DE LECTURE : 3 ou 7 MINUTES

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INTERVIEW

« En neurosciences, ce qui paraissait un peu fou devient réel »


Neurologue et neurobiologiste, Hervé Chneiweiss préside le comité d’éthique de l’Inserm et analyse la charte pour un développement responsable des neurotechnologies récemment parue.

Quel est l’objectif de cette charte sur les neurotechnologies ?

 ↳ Elle comporte neuf principes dont un volet “sciences & société” pour encourager le débat public sur le sujet. Le transfert de la recherche fondamentale aux applications en est également un point central (…)

UN CHIFFRE

1030

Ce nombre a maintenant un préfixe correspondant : quetta ! La Conférence générale des poids et mesures s’est réunie du 15 au 18 novembre 2022 au pavillon de Breteuil à Sèvres et s’est accordée sur l’introduction de préfixes franchissant deux nouveaux paliers dans l’extrêmement grand et l’extrêmement petit :  ronna (R) pour 1027, quetta (Q) pour 1030, ronto (r) pour 10−27 et quecto (q) pour 10−30. D’autres étaient déjà utilisés de manière informelle mais le comité a tranché en faveur de ceux dont la première lettre ne pouvait pas être confondue avec une unité, rapporte Nature. Plus de trente ans s’étaient écoulés depuis l’adoption des préfixes zetta, yotta, zepto et yocto, remontant à 1991. Une démonstration de l’expansion sans fin de nos connaissances ?

UN OUTIL

Un nouvel œil pour HAL

La plateforme de dépôt HAL fait peau neuve et lance une nouvelle interface et de nouvelles fonctions depuis le 15 novembre 2022. Au menu : un écran d’accueil plus adapté à vos recherches, des statistiques sur vos articles déposés et un processus de dépôt simplifié. Le Centre pour la communication scientifique directe (ou CCSD, qui gère HAL) vous propose également une formation et s’est fendu de la réalisation d’une vidéo assez léchée pour en faire la promotion. Alors, encore sceptique ? Faites attention, l’œil de HAL vous surveille

EXPRESS

Des infos en passant


● Diversité. Difficile de définir précisément ce qu’est une revue prédatrice – on en parlait encore la semaine dernière dans notre article sur MDPI. Pour Simon Linacre, qui a passé une grande partie de sa carrière dans l’édition scientifique et qui sort un livre sur le sujet, le plus important est de comprendre l’étendue du spectre des pratiques prédatrices, explique-t-il sur le blog Impact of Social Science.

● Ténacité. Toujours dans le même registre, encore un exemple d’éditeur qui joue avec les lignes de l’intégrité. Frontiers avait obtenu la rétractation d’un article publié chez Springer Nature en septembre 2021 – relire l’enquête de Retraction Watch. Il s’agissait d’une étude sur la publication par pays au sein de revues prédatrices… parmi lesquelles figuraient des revues de Frontiers. L’étude vient d’être republiée chez MIT Press. Ouf !

● Gris-vert. Réduire le chauffage et prendre son vélo, c’est bien, mais qu’en est-il de l’énergie grise nécessaire à fabriquer tous nos objets – et nos instruments dans la recherche ? Calculez l’empreinte carbone de vos achats grâce au simulateur de Labos1point5. Basé sur la nomenclature NACRES, vous pouvez également faire une recherche par intitulé.
 

● Échec cuisant. Meta a tenté, puis s’est rétracté. Le 16 novembre, un papier annonçait le lancement de Galactica, un algorithme d’intelligence artificielle capable de comprendre et de “raisonner” sur des connaissances scientifiques. Entraîné sur des millions d’articles scientifiques et censé aider les chercheurs, ce modèle de langage – relire notre numéro spécial sur le sujet – a finalement été un fiasco et débranché au bout de trois jours, comme l’analyse MIT Technology Review.

EXPRESS

Votre revue de presse

→ Coup de massue. Le jugement est tombé : Elizabeth Holmes a finalement été condamnée à 11 ans de prison, rapporte Le Monde via l’AFP. Pour avoir menti à ses investisseurs et clients sur les capacités de sa technologie, la fondatrice de la start-up de tests sanguins Theranos a été reconnue coupable de fraude. Promettre l’impossible en tordant la science ? Le chercheur Raphaël Lévy mentionnait cette affaire – relire son portrait – dans TMN.
 

→ Copier-voler. Du vol parmi les universitaires ? Ijeoma Opara, chercheuse en sciences sociales et comportementales aux États-Unis, en a fait les frais lorsqu’un collègue a obtenu une subvention pour une idée qu’elle avait développée, explique-t-elle dans Nature. Elle revient sur l’augmentation des fraudes scientifiques et les différents réflexes à mettre en place pour les éviter.
 

→ Crypto faillite. La deuxième plus grosse plateforme d’échanges de crypto-monnaies, FTX, a sombré et risque de bloquer de nombreuses recherches scientifiques, selon Science Mag. La fondation Future Fund, créée par le PDG de FTX, avait prévu de distribuer des centaines de millions de dollars dans l’année à la recherche sur le climat, la biodéfense et l’éthique de l’IA.

→ TotalEnervé. Ils sont partout, de Berlin à Paris, en passant par Toulouse. Julien Carrey, membre du collectif Scientifiques en Rébellion, revient sur la désobéissance civile et sa nécessité face à l’urgence climatique, dans cet article de l’Obs. Et comme de nombreux scientifiques – TMN vous en avait parlé – il s’indigne des actions de Total Energies.

PAS DE CHOCOLAT, PAS DE NOBEL

Et pour finir…


La consommation de chocolat serait-elle à l’origine du succès des Nobels ?