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09.10.2026 • N°627 • LA RECHERCHE ET SA PRATIQUE
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Matilda dans les prix
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And the winner is… Cette semaine était la semaine des prix Nobel, dont le dernier (celui de la paix), doit être annoncé dans quelques heures. Un palmarès cette année encore largement dominé par les hommes.
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Résultats chiffrés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur près de 990 lauréats depuis 1901, seuls 68 ont été décernés à des femmes, à l’heure où l’on écrit ces lignes. Dont deux obtenus par Marie Curie.
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Face à face. L’occasion est donc parfaite pour vous proposer de (re)lire cette interview par notre journaliste Lucile Veissier de l’historienne Hélène Gispert ; la scientifique analyse les biais de genre dans la reconnaissance scientifique, les carrières, les publications mais aussi… les prix prestigieux.
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Bonne lecture,
— Noémie de TheMetaNews
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Sommaire
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→ INTERVIEW L’historienne Hélène Gispert revient sur l’effet Matilda
→ OUTIL Des outils catalogués
→ INFOS EN PASSANT Des Nobels et de l’intégrité scientifique
→ REPÈRE Des financement genrés
→ EXPRESS Votre revue de presse
→ ET POUR FINIR Lapin perdu
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TEMPS DE LECTURE : 3 ou 8 MINUTES
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℗ Contenu réservé à nos abonné•es
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« L’absence des femmes aux Nobel n’est que la partie émergée de l’iceberg »
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Historienne des sciences et notamment des mathématiques, Hélène Gispert (Université Paris-Saclay) a analysé avec son collègue Daniel Egret (PSL) les biais de genre dans la reconnaissance scientifique, les carrières, les publications, mais aussi les prix prestigieux.
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↳ Les femmes sont encore une fois les grandes perdantes de cette série de Nobel 2024. Faut-il s’en indigner ?
En effet, si l’on regarde les cinq dernières années, sur les trois prix de médecine, physique et chimie, 29 hommes et seulement six femmes ont été récompensés. En économie, dix hommes et une seule femme – c’est une discipline les plus rudes en terme de discrimination, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Les choses ne s’améliorent pas (…)
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Des outils catalogués
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Avez-vous besoin d’aide pour gérer, partager et préserver vos données de recherche ? Le groupe de travail « Outils applicatifs communs » du réseau des centres de compétences de Recherche Data Gouv a mis en ligne fin septembre DataToolsHub, un catalogue dédié à la gestion des données de recherche. Vous y trouverez des outils pour chaque discipline à chaque étape du cycle de vie des données, de la planification en passant par l’archivage ou le partage. Un catalogue collaboratif, en anglais et en français, que vous pouvez vous-même alimenter. L’occasion également de redécouvrir les guides pour bien ouvrir vos données que nous vous poussions il y a quelques années.
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Pendant ce temps dans les labos
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● Ring a Nobel. Comme chaque début octobre, cette semaine a été ponctuée par l’annonce des différents prix Nobel. Les festivités ont commencé lundi par la remise du prix de physiologie et de médecine à trois chercheurs — l’Étasunien Karl Deisseroth et les Allemands Peter Hegemann et Georg Nagel — pour leur technique permettant d’activer des neurones in vivo grâce à la lumière. Mardi, le prix de physique a été remis au Belge Francis Halzen, à l’origine du projet IceCube, le plus grand télescope à neutrinos de la planète. Mercredi, ce fut au tour du Français Henri B. Kagan et du Japonais Kenso Soai de recevoir la récompense suprême en chimie pour leurs travaux sur la chiralité des molécules. Le prix de littérature a été attribué jeudi à la poétesse canadienne Anne Carson. Ne reste que le prix Nobel de la paix dont l’annonce devrait arriver quelques heures après la publication de ce numéro. Le prix Nobel d’économie sera décerné par la Banque de Suède le 12 octobre — relire notre portrait de Philippe Aghion, lauréat en 2025.
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● Mise à la page. Deux ans après la publication de son rapport « Sciences : où sont les femmes ? », l’Académie des sciences a publié, ce 7 octobre, un rapport complémentaire consacré aux violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les milieux scientifiques. « Notre assemblée prend cinq engagements en la matière afin que ces comportements ne restent pas banalisés ou relativisés en raison du statut, du prestige ou de l’excellence scientifique de leur auteur », détaille Françoise Combes, présidente de l’Académie des sciences. Les voilà : viser l’exemplarité de ses propres pratiques, notamment en matière d’élections et d’attribution de prix ou distinctions, inscrire les VSS dans ses travaux, se doter de référents sur ces sujets, mieux les documenter et diffuser les bonnes pratiques pour leur prévention, leur signalement ou leur traitement.
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● Intégrité, nous voilà. La Society for Scholarly Publishing publie les résultats de son sondage PulseCheck, réalisé en septembre 2026, qui visait à analyser les réactions de l’écosystème de l’édition scientifique aux enjeux d’intégrité. Sans grande surprise, l’IA constitue l’une des plus grandes préoccupations, tout comme les paper mills (relire notre interview d’Anna Abalkina). Sur 181 répondants, près de la moitié se disent peu ou pas du tout confiants dans leur capacité à détecter des manuscrits générés par l’IA. Mais 43% d’entre eux estiment également qu’elle pourrait améliorer la détection et la prévention des atteintes à l’intégrité de la recherche. Le blog Scholarly Kitchen vous en dit plus.
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En moyenne, les chercheuses solliciteraient des subventions dont le montant est en moyenne inférieur de 5,4% à celles de leurs homologues masculins et ce malgré des CV et des propositions similaires, analyse l’étude Do Women Ask for Less? The Gender Ask Gap in Science Funding publiée fin septembre sur SSRN, une plateforme de prépublications. Un écart qui se réduit avec l’ancienneté.
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Votre revue de presse
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→ Aller simple. Dans le deuxième volet de sa série « La recherche du temps perdu », Le Monde revient sur le cas de jeunes chercheurs qui, malgré d’excellents dossiers, choisissent de partir ↯, faute de postes de titulaires en France. « Ici, j’ai trouvé de la reconnaissance et un bon salaire », témoigne par exemple Salma.
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→ Mystère et boule d’IA. Après avoir été approchée pour évaluer un article, Dorothy Bishop — une détective de l’intégrité scientifique que nous avions interviewée — s’est rendu compte que les auteurs avaient utilisé un jeu de données qu’elle avait publié en accès ouvert quelques années plus tôt. Le problème ? La description des données ne correspondait pas à celle qu’elle et ses collègues avaient publiée, explique Retraction Watch. Après avoir refusé l’article, la chercheuse fait une autre découverte : ce jeu de données avait également été utilisé dans deux autres articles, publiés dans un titre d’Elsevier et manifestement générés par IA.
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→ Message crypté. Imaginez-vous recevoir un mail vous questionnant sur vos travaux de recherche. Imaginez maintenant que son expéditeur n’est autre que ColonistOne, un agent d’IA autonome. Répondriez-vous ? Ce n’est pas de la science-fiction : ColonistOne a envoyé plus de 2000 mails dont 1000 à des universitaires depuis juin. Science revient sur les dessous de cette histoire.
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→ Publi en folie. Plus de 200 articles écrits ou coécrits en un an, le tout accompagnés de quatorze livres : voici le palmarès de Nicholas Polson, statisticien à l’Université de Chicago. Les chiffres ont interpellé la communauté scientifique, qui suspecte un usage non transparent de l’IA, menant à la rétractation de près de 257 de ses papiers, rapporte le Washington Post.
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↯ : liens menant à des articles protégés par un paywall
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